Qu'est-ce que l'ACRE pour les micro-entrepreneurs ?
L'ACRE (Aide à la Création ou à la Reprise d'une Entreprise) est un dispositif qui allège vos cotisations sociales au démarrage de votre activité. Concrètement, pendant les 12 premiers mois, une partie des cotisations dues sur votre chiffre d'affaires est prise en charge.
Ce mécanisme s'applique au régime micro-social : vos taux de cotisations habituels sont réduits pendant 12 mois. L'objectif est de vous laisser le temps de trouver vos premiers clients sans être immédiatement écrasé par les charges.
Attention, un changement majeur intervient à l'été 2026 : le niveau de l'exonération dépend désormais de la date de création de votre micro-entreprise (voir la section suivante).
L'ACRE est gérée par l'URSSAF. Pour en bénéficier, vous devez déposer une demande explicite dans les 60 jours suivant la création de votre entreprise.
Ce qui change en 2026 : l'exonération passe de 50 % à 25 %
Un décret du 6 février 2026 réforme l'ACRE. Le point à retenir : le taux d'exonération est divisé par deux pour les nouvelles micro-entreprises.
- Micro-entreprise créée avant le 1er juillet 2026 : exonération de 50 % des cotisations sociales pendant 12 mois (le régime historique).
- Micro-entreprise créée à partir du 1er juillet 2026 : exonération ramenée à 25 % des cotisations sociales pendant 12 mois.
Cette baisse ne concerne que les micro-entrepreneurs. Pour les entreprises individuelles classiques et les sociétés (SASU, SAS, etc.), la réforme s'applique dès le 1er janvier 2026.
Deuxième nouveauté : le décret fixe désormais un délai de demande de 60 jours maximum après la date de début d'activité (contre 45 jours auparavant). Passé ce délai, l'exonération est définitivement perdue, même si vous êtes éligible.
Troisième nouveauté : depuis le 1er janvier 2026, vous ne pouvez plus bénéficier de l'ACRE si vous en avez déjà profité au cours des 3 années précédentes (ce délai s'apprécie à partir de la date à laquelle votre précédente exonération a pris fin).
Les taux de cotisations avec l'ACRE en 2026
En régime micro-social normal (sans ACRE), les taux de cotisations sociales 2026 sont les suivants :
- Vente de marchandises (BIC) : 12,3 %
- Prestations de services commerciales et artisanales (BIC) : 21,2 %
- Activités libérales (BNC, régime général) : 25,6 % — ce taux a augmenté progressivement depuis juillet 2024 (23,1 %, puis 24,6 % en 2025) pour financer votre retraite complémentaire.
- Professions libérales relevant de la Cipav : 23,2 %
Avec l'ACRE, ces taux sont réduits pendant 12 mois. Le niveau de réduction dépend de votre date de création :
Création avant le 1er juillet 2026 (exonération de 50 %) :
- Vente : 6,15 % au lieu de 12,3 %
- Prestations de services BIC : 10,6 % au lieu de 21,2 %
- Activités libérales BNC : 12,8 % au lieu de 25,6 %
Création à partir du 1er juillet 2026 (exonération de 25 %) :
- Vente : environ 9,2 % au lieu de 12,3 %
- Prestations de services BIC : environ 15,9 % au lieu de 21,2 %
- Activités libérales BNC : environ 19,2 % au lieu de 25,6 %
Prenons un exemple concret. Un prestataire de services BIC qui réalise 30 000 euros de chiffre d'affaires sur sa première année paie normalement 6 360 euros de cotisations (30 000 × 21,2 %). S'il crée son activité avant le 1er juillet 2026, l'ACRE à 50 % ramène ce montant à 3 180 euros, soit une économie de 3 180 euros. S'il la crée à partir de cette date, l'ACRE à 25 % la ramène à 4 770 euros, soit une économie de 1 590 euros. La date de lancement pèse donc lourd sur votre trésorerie de démarrage.
Qui peut bénéficier de l'ACRE en 2026 ?
Depuis le 1er janvier 2026, pour bénéficier de l'ACRE en micro-entreprise, vous devez réunir trois conditions :
- être en début d'activité ;
- ne pas avoir bénéficié de l'ACRE au cours des 3 années précédentes ;
- remplir au moins un des critères d'éligibilité ci-dessous.
Les critères d'éligibilité
- Être demandeur d'emploi indemnisé (ARE)
- Être demandeur d'emploi non indemnisé, inscrit à France Travail au moins 6 mois au cours des 18 derniers mois
- Bénéficier du RSA ou de l'ASS (allocation de solidarité spécifique)
- Avoir entre 18 et 25 ans révolus
- Avoir moins de 30 ans et ne pas être indemnisé (droits chômage insuffisants)
- Avoir moins de 30 ans et être reconnu travailleur handicapé
- Reprendre l'activité d'une entreprise en sauvegarde, redressement ou liquidation judiciaire (en tant que salarié ou personne licenciée)
- Avoir conclu un contrat d'appui au projet d'entreprise (CAPE)
- Créer une entreprise dans un quartier prioritaire de la politique de la ville (QPV)
- Bénéficier de la prestation partagée d'éducation de l'enfant (PreParE)
- Exercer votre activité dans une zone France ruralités revitalisation (ZFRR ou ZFRR+)
Fini l'attribution automatique depuis 2020
Jusqu'en 2019, l'ACRE était accordée automatiquement à tous les auto-entrepreneurs, sans condition. Ce n'est plus le cas depuis 2020 : vous devez remplir l'un des critères ci-dessus et déposer une demande. Beaucoup de créateurs l'ignorent encore et passent à côté du dispositif. Vérifiez votre éligibilité avant de vous lancer.
Durée de l'ACRE et modalités d'application
Durée : 12 mois
L'exonération s'applique pendant 12 mois à compter de la date de création de votre entreprise. Elle porte uniquement sur certaines cotisations sociales : maladie-maternité, indemnités journalières, retraite de base, invalidité-décès et allocations familiales.
En revanche, restent dues, même avec l'ACRE :
- la CSG-CRDS ;
- la retraite complémentaire ;
- la contribution à la formation professionnelle (CFP) ;
- la cotisation foncière des entreprises (CFE) ;
- l'impôt sur le revenu.
Plafond de revenus et dégressivité
L'exonération est totale tant que vos revenus d'activité restent inférieurs à 75 % du PASS (plafond annuel de la Sécurité sociale). En 2026, le PASS est fixé à 48 060 euros, ce qui place le seuil d'exonération totale autour de 36 045 euros. Entre ce seuil et le PASS complet (48 060 euros), l'exonération devient dégressive ; au-delà du PASS, elle disparaît. En phase de démarrage, ce plafond est rarement atteint : dans la pratique, l'exonération est le plus souvent totale.
Comment faire la demande d'ACRE ?
Délai impératif : 60 jours
Depuis 2026, la demande doit être déposée dans les 60 jours suivant la date de début d'activité figurant sur votre justificatif d'immatriculation. Passé ce délai, la demande est rejetée sans exception. C'est le piège classique : oublier la demande ou la faire trop tard.
Procédure pas à pas
Voici la marche à suivre pour obtenir l'ACRE en 2026 :
- Étape 1 : Créez votre micro-entreprise via le guichet unique de l'INPI, puis activez votre espace sur autoentrepreneur.urssaf.fr
- Étape 2 : Remplissez le formulaire de demande d'ACRE
- Étape 3 : Joignez les justificatifs prouvant votre éligibilité (attestation France Travail, justificatif RSA, pièce d'identité si vous avez moins de 26 ans, etc.)
- Étape 4 : Transmettez le dossier à l'URSSAF dans les 60 jours suivant la création
- Étape 5 : Attendez la décision de l'URSSAF (sous 30 jours)
En l'absence de réponse dans les 30 jours, l'ACRE est considérée comme accordée. Conservez toujours une preuve d'envoi de votre demande.
ACRE et cumul avec d'autres aides
ACRE + ARE : le cumul possible
Si vous êtes demandeur d'emploi, vous pouvez cumuler l'ACRE avec le maintien partiel de vos allocations chômage (ARE). Vous bénéficiez alors à la fois de l'exonération de cotisations et d'un complément de revenus le temps que votre activité monte en puissance. Le maintien de l'ARE dépend du chiffre d'affaires déclaré. Pour les modalités exactes, consultez le guide de Service-Public.fr sur le cumul ARE et création d'entreprise.
ACRE + ARCE
L'ARCE (Aide à la Reprise et à la Création d'Entreprise) permet de percevoir en capital une partie de vos droits chômage restants, versée en deux fois. Son montant correspond à 45 % ou 60 % des allocations restant dues, selon la date de fin de votre contrat de travail. C'est une alternative au maintien mensuel de l'ARE, pas un cumul : il faut choisir entre les deux. À noter : le versement de l'ARCE est conditionné au bénéfice préalable de l'ACRE.
Les pièges classiques à éviter
Ne pas confondre exonération et absence de déclaration
L'ACRE réduit vos cotisations, elle ne vous dispense pas de déclarer votre chiffre d'affaires. Vos déclarations mensuelles ou trimestrielles restent obligatoires, y compris si votre chiffre d'affaires est nul. Une déclaration manquante entraîne une pénalité et peut générer un redressement.
Sous-estimer la baisse à 25 %
Si vous créez votre micro-entreprise à partir du 1er juillet 2026, l'exonération ne couvre plus que 25 % de vos cotisations, contre 50 % auparavant. L'économie est donc deux fois moindre : intégrez-la dans votre prévisionnel pour ne pas surestimer votre trésorerie de démarrage.
Dépasser les plafonds sans anticiper
Au-delà d'environ 36 045 euros de revenus en 2026, l'exonération devient dégressive. Ce n'est pas rédhibitoire, mais il faut l'anticiper dans votre prévisionnel pour éviter les mauvaises surprises.
Oublier la fin de l'ACRE au 13e mois
L'ACRE ne dure qu'un an. À la fin de la période, les taux de cotisations reviennent à leur niveau normal. Beaucoup de micro-entrepreneurs sont surpris par la hausse soudaine de leurs charges : préparez cette transition dans votre gestion financière.
ACRE et micro-entreprise : ce qui change en 2026 (récapitulatif)
Trois évolutions à retenir pour 2026 : l'exonération tombe à 25 % pour les micro-entreprises créées à partir du 1er juillet 2026 (elle reste à 50 % avant cette date) ; le délai de demande passe à 60 jours ; et il faut ne pas avoir bénéficié de l'ACRE dans les 3 années précédentes. Le taux de cotisations des activités libérales BNC atteint par ailleurs 25,6 %, et le PASS est revalorisé à 48 060 euros. Les règles évoluant fréquemment, vérifiez toujours les conditions en vigueur au moment de votre création sur autoentrepreneur.urssaf.fr.
Récapitulatif : l'ACRE en 10 points clés
- Exonération de 50 % des cotisations (création avant le 1er juillet 2026) ou 25 % (à partir du 1er juillet 2026), pendant 12 mois
- Réservée aux créateurs remplissant un critère spécifique (chômage, RSA, moins de 26 ans, QPV, ZFRR, etc.)
- Nouvelle condition 2026 : ne pas avoir bénéficié de l'ACRE dans les 3 dernières années
- Demande à déposer dans les 60 jours suivant la création
- Taux de cotisations 2026 : 12,3 % (vente), 21,2 % (services BIC), 25,6 % (BNC), 23,2 % (Cipav)
- Exonération totale si revenus inférieurs à 36 045 euros (75 % du PASS 2026)
- Exonération dégressive entre 36 045 et 48 060 euros, nulle au-delà
- Cumulable avec l'ARE (maintien mensuel des allocations)
- Alternative : l'ARCE (45 % ou 60 % des droits restants, versés en capital)
- Les déclarations de CA restent obligatoires, même avec l'ACRE
Pour compléter votre démarche, consultez notre guide sur comment créer sa micro-entreprise et notre checklist de création pour ne rien oublier. Pensez aussi à vérifier vos charges de micro-entreprise afin d'anticiper le retour au taux plein à la fin de l'ACRE.

