🍋
Micro Citron

Changer ou ajouter une activité en micro-entreprise

14 septembre 2026
Changer ou ajouter une activité en micro-entreprise

Votre activité a évolué, vous voulez en ajouter une seconde, ou vous changez complètement de métier. Vous ne recréez rien : votre Siren reste le même. Il y a en revanche une déclaration à faire, un délai à respecter, et des conséquences immédiates sur vos taux de cotisations et sur vos plafonds.

La règle de départ : un mois pour déclarer, sur le même Siren

Commençons par ce qui rassure : ajouter ou changer une activité ne vous oblige jamais à fermer votre micro-entreprise pour en rouvrir une autre. Le micro-entrepreneur est un entrepreneur individuel, et son entreprise suit les mêmes règles que n’importe quelle entreprise individuelle en matière de modification. Vous conservez donc votre numéro Siren, votre ancienneté, votre compte Urssaf et vos éventuels droits en cours.

Ce que vous devez faire, en revanche, c’est notifier le changement. L’INPI est explicite sur le délai : toute modification doit être déclarée dans un délai d’un mois, sur le guichet unique ou auprès de l’autorité compétente selon le type de changement. Ce n’est pas une formalité de confort : c’est ce qui permet à l’Urssaf d’appliquer le bon taux de cotisations à vos encaissements, et donc de ne pas vous réclamer un rattrapage plus tard.

Si vous découvrez le fonctionnement du guichet unique, notre guide de création d’une micro-entreprise détaille le portail et la logique des formalités ; la démarche de modification emprunte exactement le même chemin.

Ajouter une activité ou la remplacer : ce n’est pas la même décision

Vous ajoutez une activité : vous gardez la première et vous en déclarez une seconde. Une personne physique ne peut détenir qu’une seule micro-entreprise, mais elle peut parfaitement exercer plusieurs activités à l’intérieur de celle-ci — on parle alors d’activité mixte. Vous précisez laquelle est principale et laquelle est secondaire.

Vous changez d’activité : vous supprimez l’ancienne et déclarez la nouvelle, dans la même formalité. C’est le cas de la reconversion.

La distinction compte, parce que l’activité principale détermine votre code APE, et parce qu’en activité mixte vous ne pilotez plus un seul jeu de règles, mais deux.

Le piège du code APE : deux portes, et une seule est la bonne

C’est l’erreur la plus fréquente sur ce sujet, et elle fait perdre des semaines. Le code APE (ou NAF) est attribué par l’Insee à partir de l’activité principale que vous avez déclarée. Quand il ne correspond plus à ce que vous faites, deux causes possibles — et deux démarches qui n’ont rien à voir.

  • Votre activité a réellement changé. C’est une formalité de modification, sur le guichet unique. Le code APE sera mis à jour à la suite de votre déclaration.
  • Votre activité n’a pas changé, mais le code attribué est inexact. Là, le guichet unique n’est pas le bon canal : il existe un téléservice dédié de l’Insee pour demander la correction. Attention au formalisme, il est réel : la demande doit être accompagnée d’un tableau décrivant très précisément vos activités, en suivant la notice fournie. Si les consignes de rédaction ne sont pas respectées, la demande n’est tout simplement pas prise en considération.

Vos cotisations : chaque activité garde son propre taux

Voilà le point le plus concret, et celui qui justifie à lui seul de faire la déclaration proprement. Quand un micro-entrepreneur exerce plusieurs activités relevant de catégories différentes, chaque activité se voit appliquer son propre taux de cotisations, et votre déclaration doit préciser la répartition du chiffre d’affaires par activité distincte. Les taux 2026 :

ActivitéTaux 2026
Vente de marchandises et fourniture d’hébergement12,3 %
Location de meublés de tourisme classés6 %
Prestation de services en BIC21,2 %
Profession libérale non réglementée, hors Cipav25,6 %
Profession libérale relevant de la Cipav23,2 %

L’écart n’est pas théorique. Prenons une illustratrice en BNC qui ajoute la revente de tirages d’art. Sur l’année, elle encaisse 30 000 € de prestations et 8 000 € de ventes. Avec la ventilation correcte, elle paie 30 000 × 25,6 % = 7 680 €, plus 8 000 × 12,3 % = 984 €, soit 8 664 €. Si elle avait tout laissé passer en BNC faute d’avoir déclaré la nouvelle activité, la facture serait de 38 000 × 25,6 % = 9 728 €. L’écart : 1 064 € sur l’année, pour une formalité d’une demi-heure.

La mécanique des échéances et des lignes à remplir est décrite dans notre guide des déclarations en micro-entreprise.

Vos plafonds : deux seuils à surveiller au lieu d’un

En activité mixte, vous devez respecter deux seuils simultanément, et sur chacune des deux années de référence (N-1 et N-2) :

  • un seuil global pour l’ensemble de l’entreprise, soit 203 100 € ;
  • un seuil propre à chaque activité : la part relevant des prestations de services ou du libéral ne doit pas dépasser 83 600 €, et une éventuelle part en meublé de tourisme non classé reste limitée à 15 000 €.

Autrement dit, ajouter une activité de vente n’augmente pas votre marge de manœuvre sur la partie services : vous pouvez très bien rester loin du plafond global et sortir quand même du régime micro parce que le seuil de votre activité de prestation a été franchi deux années de suite.

Côté impôt, la logique est la même : l’abattement forfaitaire s’applique séparément sur la fraction de chiffre d’affaires correspondant à chaque activité. Un détail à connaître au passage — l’abattement ne peut pas être inférieur à 305 €, et ce plancher est doublé à 610 € quand l’activité est mixte. Pour arbitrer entre les régimes possibles une fois votre nouvelle activité en place, voyez comment choisir son régime fiscal en micro-entreprise.

Vérifiez d’abord que la nouvelle activité est compatible

Avant de remplir quoi que ce soit, vérifiez que ce que vous ajoutez entre bien dans le régime micro. Sont exclues : les activités agricoles (tout ce qui relève d’un cycle biologique animal ou végétal et ce qui prolonge une exploitation, y compris le tourisme à la ferme et la vente directe de produits transformés), les activités relevant de la TVA immobilière — marchand de biens, lotisseur, agent immobilier — ainsi que la location d’immeubles non meublés ou professionnels, les professions libérales réglementées, et les artistes-auteurs, qui relèvent de leur propre statut sauf lorsque la rémunération prend la forme d’honoraires et non de droits d’auteur.

Si l’activité est seulement réglementée sans être exclue, joignez le diplôme, le titre ou l’autorisation d’exercice à votre formalité, comme à la création.

Les changements qui ne passent pas par le guichet unique

Toutes les modifications ne se déclarent pas au même endroit, et se tromper de guichet fait perdre le délai. Ne passent pas par le guichet unique :

  • la modification de vos options fiscales, à communiquer directement à la DGFiP ;
  • la modification de vos options sociales et de votre statut de micro-entrepreneur, à notifier à l’Urssaf (ou à la MSA) ;
  • la modification de votre effectif salarié, également auprès de l’Urssaf ou de la MSA.

Un cas mérite d’être isolé, parce qu’il tombe souvent en même temps qu’un changement d’activité : si votre nouvelle activité vous amène à renoncer au régime micro pour passer à un régime réel d’imposition, la démarche est purement fiscale, s’effectue auprès du service des impôts, et ne nécessite aucune formalité de modification au guichet unique. Son calendrier, en revanche, n’est pas celui qu’on imagine : l’option pour un régime réel s’exerce dans le délai de dépôt de votre déclaration de revenus de l’année précédente, soit en mai ou juin, pour une application dès l’année en cours (art. 50-0, 4 du CGI pour le micro-BIC ; art. 102 ter pour le micro-BNC). Ne la confondez pas avec le 30 septembre, souvent cité à tort ici : cette date est celle du versement forfaitaire libératoire (art. 151-0 du CGI), qui se choisit ou se dénonce avant le 30 septembre pour un effet au 1er janvier suivant. Attendre septembre pour passer au réel, c’est perdre une année entière.

Le déroulé de la formalité

La modification se fait sur le portail e-procédures de l’INPI : vous renseignez le Siren, vous cliquez sur « Modifier l’entreprise », puis vous ajoutez ou supprimez les informations dans les rubriques « Identité de l’entreprise », « Composition », « Insaisissabilité » et « Établissement ». Les pièces se téléversent en PDF, 10 Mo maximum par pièce. Trois points sur lesquels les dossiers se bloquent :

  • Valider le dossier ne termine pas la démarche. Il faut ensuite signer électroniquement la formalité via un certificat qualifié, puis la payer. Sans signature ni paiement, rien n’est transmis — et le dépôt papier n’existe pas.
  • Le coût dépend de la nature de la modification. Les tarifs sont réglementés et variables : fiez-vous au montant affiché au moment du paiement, pas à un chiffre lu ailleurs.
  • Un dossier incomplet n’est pas perdu. Vous êtes invité par courriel à régulariser depuis votre tableau de bord, toujours sur le guichet unique, avec d’éventuels frais complémentaires. En cas de rejet, le remboursement est automatique.

L’essentiel du bénéfice n’est d’ailleurs pas administratif : c’est la ventilation correcte de votre chiffre d’affaires qui vous fait payer le bon taux, et la surveillance des deux seuils qui vous évite de sortir du régime micro sans l’avoir vu venir.

Ce contenu est informatif et ne remplace pas un conseil personnalisé.

Luisa Bertin - Expert Web

Luisa Bertin

Expert Web

Spécialiste en développement web et marketing digital

Plus d'articles ?

Découvrez nos autres conseils et actualités

Voir le blog
Changer ou ajouter une activité en micro-entreprise - Micro Citron