Les plafonds de chiffre d'affaires en 2026 : de nouveaux montants
Attention, les seuils ont changé. Dans le cadre de leur revalorisation triennale, les plafonds du régime de la micro-entreprise ont été revalorisés pour la période 2026-2028. Les montants de 188 700 € et 77 700 €, valables jusqu'en 2025, ne sont plus à jour.
- 203 100 € pour la vente de marchandises et la fourniture de logement (hôtel, chambre d'hôtes…) — contre 188 700 € auparavant
- 83 600 € pour les prestations de services (BIC) et les professions libérales (BNC) — contre 77 700 € auparavant
Pour une activité mixte (vente + prestations), les deux conditions s'appliquent simultanément : un chiffre d'affaires global sous 203 100 €, dont au maximum 83 600 € de prestations de services. Un cas particulier à connaître : la location de meublé de tourisme non classé, dont le seuil est fixé à 15 000 € seulement. Pour revoir les bases du statut, consultez notre page définition de la micro-entreprise.
Sources : service-public.gouv.fr (publié le 26 février 2026) et autoentrepreneur.urssaf.fr (mis à jour le 20 février 2026).
Proratisation en cas de création en cours d'année
La première année, le plafond est réduit au prorata de votre durée d'activité. Formule : plafond annuel × (jours d'activité / 365).
Exemple recalculable : vous créez une activité de prestations de services le 1er avril 2026. Il reste 275 jours jusqu'au 31 décembre. Votre plafond 2026 est donc de 83 600 × 275 / 365 = 62 986 €, et non 83 600 €. Dès la deuxième année civile, le plafond s'apprécie en totalité.
Les seuils de TVA en 2026 : ils n'ont pas bougé
Point important : les seuils de chiffre d'affaires du régime micro et ceux de la franchise en base de TVA sont deux choses différentes. Vous pouvez très bien rester en micro-entreprise tout en devenant redevable de la TVA. Contrairement aux plafonds de CA, les seuils de franchise en base restent inchangés en 2026 :
- Vente et hébergement : franchise 85 000 € (CA de l'année N-1) / seuil majoré 93 500 € (CA de l'année en cours)
- Prestations de services et libéral : franchise 37 500 € (N-1) / seuil majoré 41 250 € (N)
Le mécanisme : si votre CA N-1 dépasse le seuil de franchise, vous devenez redevable de la TVA dès le 1er janvier de l'année suivante. Si votre CA en cours d'année franchit le seuil majoré, la TVA s'applique dès le premier jour du dépassement. À noter : le projet de seuil unique à 25 000 €, issu de la loi de finances pour 2025, a été abandonné. Pour tout comprendre, lisez notre guide TVA en micro-entreprise, et si vous êtes concerné, notre article que faire en cas de dépassement du seuil de TVA.
Les taux de cotisations sociales 2026
Vos cotisations correspondent à un pourcentage fixe du chiffre d'affaires encaissé : pas de CA, pas de cotisations (mais la déclaration à zéro reste obligatoire). Les taux applicables en 2026 en métropole :
- Vente de marchandises (BIC) : 12,3 %
- Prestations de services BIC : 21,2 %
- Professions libérales BNC (régime général) : 25,6 %
- Professions libérales relevant de la Cipav : 23,2 %
Le taux BNC a fortement augmenté : en application du décret du 30 mai 2024, il est passé progressivement de 21,1 % à 23,1 % (juillet 2024), puis 24,6 % (2025) et enfin 25,6 % depuis le 1er janvier 2026. Cette hausse finance l'acquisition de points de retraite complémentaire, jusqu'ici absents pour ces professionnels (source : urssaf.fr, mis à jour le 30 janvier 2026).
Exemple : 5 000 € de CA trimestriel en prestations de services BIC → 5 000 × 21,2 % = 1 060 € de cotisations. Le même CA en BNC régime général → 5 000 × 25,6 % = 1 280 €. Le détail des échéances figure sur notre page déclarations URSSAF, et le panorama complet sur les charges en micro-entreprise.
ACRE 2026 : le dispositif a été réformé
C'est le changement le plus lourd de conséquences pour les créateurs. Trois nouveautés à connaître avant de vous lancer.
1. L'exonération passe de 50 % à 25 %. Le décret du 6 février 2026 ramène l'exonération de cotisations sociales de 50 % à 25 % pour les micro-entreprises créées ou reprises à compter du 1er juillet 2026. Les micro-entreprises créées avant cette date conservent le taux de 50 % pour toute leur période d'exonération.
2. La demande est désormais obligatoire. Depuis le 1er janvier 2026, l'ACRE n'est plus attribuée automatiquement. Vous devez déposer une demande auprès de l'URSSAF, dossier justificatif à l'appui, dans les 60 jours suivant la date de début d'activité déclarée au guichet unique. Passé ce délai, l'exonération est perdue. L'URSSAF statue sous un mois ; l'absence de réponse vaut accord.
3. L'éligibilité est recentrée. Il faut relever d'au moins un critère listé à l'article L. 5141-1 du code du travail : demandeur d'emploi indemnisé ou inscrit 6 mois sur les 18 derniers mois, bénéficiaire du RSA ou de l'ASS, jeune de 18 à 25 ans révolus, personne de moins de 30 ans non indemnisée ou reconnue handicapée, création en quartier prioritaire (QPV) ou en zone France ruralités revitalisation (ZFRR)… Il faut aussi ne pas avoir bénéficié de l'ACRE au cours des 3 années précédentes.
Concrètement, l'exonération s'applique sur les 4 premiers trimestres civils d'activité. Avec 50 %, le taux services BIC tombe à environ 10,6 % et la vente à environ 6,15 % ; avec 25 %, ils remontent à environ 15,9 % et 9,2 %. Sur 40 000 € de CA annuel en services BIC, l'écart entre les deux régimes représente environ 2 120 €. Ces taux minorés sont des estimations arrondies : seul le pourcentage d'exonération (25 %) est fixé par décret pour les créations postérieures au 1er juillet 2026. Vérifiez les montants exacts sur votre espace autoentrepreneur.urssaf.fr. Tous les détails sur notre page ACRE en micro-entreprise.
CFE : exonération totale la première année
L'année civile de création, vous êtes automatiquement exonéré de cotisation foncière des entreprises. À partir de la deuxième année, vous payez une cotisation minimum calculée sur une base fixée par votre commune : elle représente souvent quelques centaines d'euros par an, le barème variant fortement d'une collectivité à l'autre. Autre exonération utile : si votre chiffre d'affaires annuel est inférieur à 5 000 €, vous êtes dispensé de CFE. Le détail sur notre page CFE et micro-entreprise.
Que se passe-t-il si vous dépassez les plafonds ?
Contrairement à une idée répandue, un dépassement isolé ne vous fait pas sortir du régime. La règle est la suivante : le régime micro-fiscal s'applique en année N si le chiffre d'affaires de N-1 ou N-2 est resté sous le seuil.
- Une seule année de dépassement : vous restez en micro-entreprise
- Deux années consécutives de dépassement : vous basculez au régime réel au 1er janvier suivant
Attention à ne pas confondre avec la TVA : le franchissement du seuil majoré de franchise, lui, produit ses effets immédiatement, dès le premier jour de dépassement.
Simulez vos revenus nets
Utilisez notre simulateur de revenus micro-entreprise pour calculer votre revenu net avec ou sans ACRE, en fonction de votre activité et des taux 2026.

